Blancanieves

Blancanieves, film muet noir et blanc sorti en 2013, est un petit bijou de cinéma. Programmé au deuxième trimestre de collège au cinéma, il transportera les élèves au pays de la tauromachie à travers l’évocation de nombreux contes pour enfants (Blanche Neige bien sûr mais également Cendrillon ou la Belle au bois dormant). De nombreuses autres références sont faites, notamment au film Freaks de Tod Browning

Affiche du film Blancanieves
Affiche du film Blancanieves

Fiche technique

Réalisation et scénario : Pablo Berger
Direction artistique et décors : Alain Bainée
Son : Felipe Arago
Montage : Fernando Franco
Interprétation : Maribel Verdu, Daniel Gimenez Cacho, Angelina Molina, Sofia Oria, …

Synopsis

Dans les années 20 au sud de l’Espagne, Carmen vit à la merci de sa belle-mère cruelle et revêche. Cette dernière l’empêche de voir son père, ancien torero handicapé à la suite d’un accident dans l’arène. En cachette le père et la petite fille vont vivre des moments tendres ; le père apprenant notamment à sa fille la tauromachie. Mais à la mort du père, Carmen échappe de justesse à la mort commanditée par sa belle-mère. Elle s’échappe et trouve refuge auprès d’une troupe de nains toreros qui voyage de ville en ville. Ces derniers l’adoptent et lui proposent de faire partie de la troupe.

Critique – Télérama

Pablo Berger est un cinéaste original. Dans son premier film, Torremolinos 73, il racontait l’histoire (authentique) d’Alfredo ­López, réalisateur d’un unique et insolite film érotique dans l’Espagne puritaine des années 1970. Avec Blanca­nieves, il revisite Blanche-Neige en version noir et blanc, muette, le situant dans le milieu de la tauromachie, dans les années 1920. Un pari réussi dans la forme, magnifique, et dans le fond, captivant. Le cinéaste connaît ses classiques et les outils du muet : quand la foule se dirige vers l’arène où le grand Antonio Villalta, futur papa de Blanche-Neige, va toréer, on se croirait dans une fresque de D.W Griffith : plans carrés, très larges, puis gros plans, très expressionnistes, sur les visages. On ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec The Artist, qui paraît du coup un peu scolaire, avec son parti pris de faire du muet simplement pour rendre hommage au muet.

Pablo Berger réinvente Blanche-Neige. Le conte devient un drame de la jalousie, où les corps sont difformes et les femmes, de sublimes objets de désir plus ou moins pervers : le père dans une chaise roulante après l’assaut d’un taureau ; la belle-mère sadique, qui chevauche son chauffeur, cravache à la main. Chauffeur qui échouera à assassiner la jeune fille, non par pitié comme le chasseur du conte, mais à cause de sa libido… Et puis, il y a les cheveux (obsession buñuélienne) de l’héroïne, longuement peignés par sa grand-mère quand elle est enfant, et, plus tard, continuant à pousser dans la tombe, sous le regard énamouré d’un des sept nains — minitoreros et forains qui semblent sortis de Freaks, de Tod Browning. Autant de références qui n’empêchent pas le film d’être d’une étonnante actualité : pourquoi l’odieuse belle-mère (Maribel Verdú, magnifique salope) jalouse-t-elle sa belle-fille (Macarena García) ? Pas pour sa beauté, mais parce qu’en devenant une grande torera à son tour, elle lui pique la une d’un magazine… — Guillemette Odicino

Plus d’informations :

http://www.transmettrelecinema.com/film/blancanieves/

blancanieves dossier pédago AC-ORLEANS

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