Katia et le crocodile

 Katia et le crocodilefilm en noir et blanc sorti en 1966, est programmé au troisième trimestre d’école au cinéma. Cette oeuvre est sans doute, le premier burlesque pour enfants. La liberté de la forme (cadreurs qui voltigent, montage au rythme alerte et varié) se conjugue heureusement à l’insolence du propos : débordement des enfants, carreaux cassés, satire des personnes trop sérieuses ou des institutions. Dans la Tchécoslovaquie de 1965-66, ce film fait figure d’annonciateur du Printemps de Prague. Il ravira petits et grands. 

 

   1966 – 70 minutes – film en noir et blanc – Tchécoslovaquie

TITRE ORIGINAL : Katia a Krokodyl

SCENARIO : Ota HOFMAN d’après le roman Katia et le crocodile de Nina GERNETOVA et Grigori B. JAGDFEL

REALISATEUR : Vera SIMKOVA et Jan KUCERA

PHOTOGRAPHIE : Frantisek VALERT

MUSIQUE : Zdenek LISKA

PRODUCTION : Studio BARRANDOV

DISTRIBUTION : les films du paradoxe

SYNOPSIS :                                                                                                                                                                        Katia, petite fille de 8 ans, s’ennuie , assise sur les escaliers de pierre d’une rue du vieux Prague. Quelques instants plus tard, elle se verra confier par un garçon jusqu’alors inconnu d’elle, un (vrai) petit crocodile, un singe macaque, des lapins angoras, un oiseau qui parle, une tortue et des souris blanches. Jusqu’au soir de cette journée de vacances, moment où le garçon va venir récupérer ses animaux (qui sont en fait ceux de sa classe) un vent de folle fantaisie va s’emparer de la ville – enfants par dizaines, vieillards regroupés en orchestre du troisième âge, pompiers, anciens combattants, marchand de ballons – à la seule fin de rattraper chacun des ces animaux libérés par l’inconsciences de la toute petite sœur de Katia.

CONTEXTE HISTORIQUE :                                                                                                                                                         Le film a été tourné un peu avant le « Printemps de Prague », période durant laquelle souffle déjà sur la Tchécoslovaquie un vent contestataire : le pays est traversé par un fort désir de s’émanciper du joug russe. Le pouvoir en place prend des
décisions qui vont dans ce sens concernant la censure et la presse. Les milieux culturels et intellectuels témoignent de cette soif de liberté qui gagne le pays, à commencer par plusieurs cinéastes représentant la Nouvelle Vague tchèque comme Milos Forman, Ivan Passer, Vera Chytilova.

Bien qu’étant un film avec et pour des enfants (mais pas que…), Katia et le crocodile  reflète lui aussi quelque chose de ce vent nouveau par son goût pour le désordre et un débordement quasi anarchique. D’autre part, cette co-réalisation de Véra Simkova et Jan Kucera se démarque de la tradition des films d’animation tchèques pour enfants  en filmant des enfants et des décors réels.

QUELQUES MOTS DU SCÉNARISTE ET DU RÉALISATEUR :                                                                                              Son scénariste, Ota Hofman, qui a écrit plusieurs films pour les enfants, avait une idée bien précise de ce qu’il ne voulait surtout pas faire : des films à visée pédagogique qui jouent au fond le même rôle qu’un cours. Par ailleurs, il souhaitait que la représentation du monde de l’enfance ne soit pas enfermée dans une imagerie « rose » soit-disant adaptée au jeune public mais finalement coupée de la réalité : « (…) Nous avons oublié que l’enfant ne vit pas dans le monde ensoleillé, bâti par les souvenirs idéalisés de notre enfance, mais dans la réalité qui l’entoure, et qu’ainsi il affronte les mensonges et l’hypocrisie de certaines grandes personnes : nous avons oublié, dis-je, que leur monde comporte plus de conflits justement parce que c’est une sorte de microcosme où chaque obstacle prend souvent des proportions monstrueuses. C’est seulement, je crois, lorsque nous serons parvenus à briser cette rose et tendre théorie que le film tchèque pour enfants sera en mesure de s’exprimer d’une autre manière. L’eau distillée est inoffensive, mais personne ne la boit… Le vrai problème n’est pas, à mon avis, de savoir ce qu’il convient de dire aux enfants ; mais plutôt, comment le dire, et quand ?… On devrait toujours avoir à cœur d’aborder le travail sans perdre de vue que les films pour enfants n’ont pas droit à plus d’indulgence que les autres, qu’il doit y avoir un critère commun : celui
de l’art authentique ».

Vera Simkova, co-réalisatrice du film, affirme elle aussi qu’un film pour enfants doit avoir les mêmes qualités qu’un film
pour adultes : « Je ne fais pas de distinctions entre adultes et enfants. Je n’aime pas entendre dire : « Après tout, c’est un
film pour enfants ! » Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’adapter la forme ou le contenu d’un film en fonction d’un
public déterminé. Les enfants sont très réceptifs, leur fantaisie donne tant de versions multiples à un simple thème que nous n’avons pas besoin de rêver pour eux »

POUR ALLER PLUS LOIN :  

 http://www.filmsduparadoxe.com/katiacat.html

Vidéo de présentation du film 

katia et le crocodile doc pédagogique ac-versailles

katia et le crocodile doc pédagogique crdp strasbourg

katia et le crocodile doc pédagogique calvados

katia et le crocodile document pédagogique ac caen

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