Nanouk l’Esquimau

« Par mes films je m’efforce de faire connaître un pays et les gens qui y vivent sous leur aspect le plus authentique. Je me sers des personnages réels, des gens qui vivent dans les endroits où je tourne, parce qu’en fin de compte ils sont les meilleurs acteurs. […] Aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin de promouvoir la compréhension mutuelle des peuples. Le besoin que je ressentis de faire Nanouk vient de mon admiration pour ce peuple. Je désirais communiquer cela aux autres. C’était ma seule raison de faire le film.» –  Robert Flaherty.

Considéré comme le premier documentaire de l’histoire du cinéma, Nanouk l’esquimau, programmé au 2ème trimestre d’Ecole au cinéma, nous plonge au cœur de la vie sur la banquise. En le réalisant, Robert J. Flaherty s’est fixé deux objectifs : sauvegarder les traces d’un peuple moribond, et nous faire partager son admiration pour ce peuple survivant dans des conditions abominables mais dont le bonheur de vivre n’en semble pas altéré. Cette plongée au cœur de la vie quotidienne des Inuits est émouvante pour le témoignage humain qu’elle nous livre et pour la leçon de cinéma documentaire qu’elle nous offre.

USA – 1922 – 79mn – Film noir et blanc, sonorisé en 1939
TITRE ORIGINAL : Nanook of the North.
RÉALISATION : Robert Joseph FLAHERTY.
SCENARIO, PHOTOGRAPHIE ET MONTAGE : Robert J. FLAHERTY.
MUSIQUE : nouvelle composition musicale de Christian LEROY (2002) pour la copie de Les Grands Films classiques retenue au catalogue d’École et Cinéma.
PRODUCTION : Révillon Frères.
INTERPRÉTATION : Nanouk, sa femme, Nyla, leurs enfants, Allegoo (la fille), Cunayou (le garçon), Arc-en-Ciel (le bébé) et le chien Comok.
DISTRIBUTION : Les grands films classiques

SYNOPSIS :
A partir de 1910, Robert Flaherty, que le désir d’exploration pousse toujours plus loin, arpente en tous sens le Nord canadien. C’est ainsi qu’il fait la connaissance du peuple esquimau, qu’il filme pour la première fois en 1914. Quelques années plus tard, avec Nanouk l’Esquimau, il réalise ce qui est encore considéré comme le premier documentaire de l’histoire du cinéma. Durant quinze mois, à Port Harrison, dans la baie d’Hudson, Flaherty côtoie Nanouk et les siens et saisit leur quotidien, de la vente des fourrures, à la chasse à l’otarie, la pêche en mer, en passant par la construction de l’igloo…

DES RÉPONSES A DES QUESTIONS ESSENTIELLES :
Ce film répond à des questions universelles : Comment fonctionne une famille ? Comment fonctionne l’Autre ?
L’idée forte de ce film est sans doute là : voir et essayer de comprendre la vie de personnes différentes de nos propres normes, sans jugement, mais avec un souci de reconnaissance humaine.

Que voit-on de la famille?
Un père qui joue avec ses enfants, père fort qui fait vivre (ou survivre) la famille en prenant
des risques, en se mettant en danger.

Que voit-on de l’Autre?
Une autre manière d’envisager le monde. Une symbiose totale avec la Nature.

LE RÉALISATEUR :
“Lorsque Robert Flaherty tourne son film, à Inukjuak, en 1920, il vient de passer dix ans auprès des Esquimaux. Il ne se contente pas de photographier les activités des hommes du froid ni d’immortaliser la fantaisie indomptable de son ami l’Esquimau. Il raconte comment Nanouk se débat avec la nature hostile pour glaner son bonheur quotidien : un steak de morse, un frottement de nez avec son épouse, une partie de glissades avec son fils… Les congères râpeuses, la mer tumultueuse, le vent coléreux deviennent des personnages à part entière, dont le cinéaste prend soin d’évoquer le vacarme dans ses intertitres poignants. Quatre-vingt-dix ans se sont écoulés depuis le tournage de ce chef-d’oeuvre, considéré comme le premier film documentaire au monde. Le visage de Nanouk, dans sa modernité, est toujours aussi proche de nous.” Marine Landrot
Nanouk l’Esquimau fait partie des films fondateurs de l’art cinématographique : si Robert Flaherty n’a pas « inventé » le documentaire, il lui a certainement donné ses titres de noblesse. Plusieurs tentatives précédentes ratées lui ont permis d’affiner sa démarche : avec ce film, il désire éviter tout folklore ou exotisme pour nous montrer cette famille d’Inuits comme des êtres humains, avec leurs aspirations et leur culture. Une approche très ethnologique donc. Pour atteindre son but, Flaherty n’hésite pas à recréer les situations où Nanouk et sa famille jouent leur propre rôle avec beaucoup de naturel (seule une scène, celle du gramophone, laisse transpirer une certaine artificialité). Il filme des kilomètres de pellicule, qu’il développe sur place et montre à ses « acteurs ». Au montage, il n’en gardera qu’un dixième environ. Même un siècle plus tard, le résultat est assez passionnant, nous laissant souvent ébahis face à l’ingéniosité déployée par l’homme pour survivre dans un environnement si hostile. Nous sommes également assez émerveillé par la vision de cette nature inviolée avec laquelle l’homme paraît être en communion. La construction de l’igloo d’un soir, la chasse au morse, la chasse au phoque et son dépeçage immédiat et même le réveil de toute la famille sont des scènes étonnantes. Flaherty prend le temps de bien expliquer la raison de chaque comportement. Le succès de Nanouk l’Esquimau fut très important et son influence sur l’émergence d’un certain style documentaire fut considérable.
Pendant deux ans (1919 – 1921), le cinéaste a vécu la rude vie de Nanouk et de sa famille dans le Grand Nord canadien. Laissant de côté le traditionnel regard objectif de l’ethnologue qui appréhende la réalité sur le vif, il a pris le parti de mettre en scène la vie de tous les jours de cette famille d’Esquimaux, mois après mois. Ce choix lui valut d’ailleurs quelques critiques. Le film retrace cependant avec une fidélité exemplaire et une grande chaleur humaine la difficulté de vivre de cette société ancestrale en lutte perpétuelle contre les éléments naturels. On y découvre Nanouk en été, avec toute sa famille, la vente des fourrures prises au cours de l’hiver, la chasse (otaries, phoques, renard…) et la pêche, été comme hiver, les voyages de la famille en traîneau, la vie des chiens, les drames que peuvent provoquer les tempêtes, le froid et la faim, mais aussi les rires et les plaisirs quotidiens

LIEU : Extrême nord canadien (territoire esquimau = superficie de la France)
300 habitants /- 50 ° l’hiver

CONDITIONS DE TOURNAGE : 13 mois de tournage (dont 6 semaines pour la chasse au morse)

CONDITIONS DE TRAVAIL DIFFICILES : La neige encrassait la caméra, il y’a eu des problèmes pour faire sécher la pellicule, les esquimaux lui servaient d’assistant.

POUR ALLER PLUS LOIN :

http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/nanouk.html

http://www.telerama.fr/cinema/films/nanouk-l-esquimau,4814.php

Nanouk dossier pédagogique

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