Princess Bride

Il était une fois la plus belle des aventures, auréolée par le grand amour, le seul, le vrai. Si bien qu’elle est devenue la favorite de millions de lecteurs. Princess Bride (« la princesse promise ») est un livre culte qui donna lieu à un film culte. Un récit de duels à l’épée, de bagarres, de torture, de poison, d’amour, de haine, de vengeance, de géants, de chasseurs, de méchants, de gentils, de serpents, d’araignées, de monstres, de poursuites, d’évasions, de mensonges, de vérités, de passion et de miracles.
C’est ce conte intemporel écrit par S. Morgenstern – redécouvert et merveilleusement abrégé par William Goldman – qu’Ecole au cinéma vous propose de découvrir au premier trimestre de cette année 2015/2016

1987 – 98mn – film en couleur – Etats-Unis

TITRE ORIGINAL : THE PRINCESS BRIDE                                                               PRODUCTION : Andrew SCHEINMAN et Rob REINER
SCENARIO : William GOLDMAN d’après son roman de 1973.
IMAGE : Adrian BIDLE
MUSIQUE : Mark KNOPFLER

SYNOPSIS : Que peut bien faire un petit garçon cloué au lit par la grippe, condamné à écouter les conseils des grands et même de subir un grand-père rabat-joie, au lieu d’aller faire les quatre cents coups avec ses copains ?
Et voilà en plus que le papay se met en tête de lire à haute voix un conte de fée aux antipodes de Superman et de Rambo !
Au Moyen-Age, dans le pays imaginaire de Florin, la belle Bouton d’Or se languit après le départ de son bien-aimé Westley, parti chercher fortune et qu’elle croit mort. Cinq ans plus tard, elle accepte d’épouser le prince Humperdinck pour qui elle n’éprouve aucun amour. Mais peu avant son mariage, elle est enlevée par trois bandits et entraînée dans une aventure mouvementée au cours de laquelle elle retrouvera sa raison de vivre…

CONVENTIONS DU FILM D’AVENTURE:
Princess Bride est un film qui joue avec les conventions du film d’aventures et en particulier par des situations décalées, en rupture, ainsi ce qui donne sa force au film, c’est sans conteste la manière dont les protagonistes abordent leur personnage. Aucun d’entre eux ne se prend au sérieux. Ils commentent leurs actions, sont critique sur la façon de faire de l’autre ou sur la situation dramatique.
Westley porte un masque « …parce que c’est très confortable, je pense que tout le monde en portera à l’avenir… » et que l’on songe au dialogue sur la fatigue et la santé entre le prince d’Humerdinck et Rugen ou bien encore l’étude scientifique sur la douleur avec la « machine » avec Westley comme cobaye et si possible un peu d’argent pour un miracle…un retour à la vie !
En fait, on est en pleine parodie car si le film combine plusieurs styles, il se veut avant tout une comédie satirique ayant pour thème principal les héros valeureux et chevaleresques et les bandits de grand chemin.
Rien n’est à prendre au premier degré et le plaisir vient de l’accumulation des conventions du genre dont on peut jouer tout à sa guise.
Le film multiplie les références au cinéma populaire américain des années 40 et 50. Les héros sont des “copies” à la fois proches et décalées des héros du cinéma de Cape et d’épée, d’aventures, du cinéma fantastique.

CONVENTIONS DU CONTE :
Les adaptations de conte sont plus rares en images réelles qu’en animation, mais Princess Bride fait partie des exceptions. Ce long-métrage réalisé par Rob Reiner a un scénario digne d’un Disney avec son histoire de princesse sauvée par son grand amour, mais ce n’est pas un dessin animé. Utilisant un artifice bien pratique, le film adopte une posture un petit peu plus distance face au conte et devient presque une parodie. « Presque », car à l’image du roman de William Goldman qu’il adapte, ce long-métrage peut se lire autant au second degré qu’au premier. Les plus jeunes seront émerveillés ou effrayés par cet univers parfois impressionnant, les plus grands s’amuseront des clichés de contes de princesse accumulés tout au long du film. Depuis sa sortie à la fin des années 1980, Princess Bride est devenu culte et on pardonne facilement ses effets spéciaux qui devaient, déjà à l’époque, paraître bien pauvres, pour mieux se concentrer sur une formidable histoire de princesse teintée de second degré. Un classique !
Princess Bride n’est pas directement un conte : si l’intrigue principale évoque bien une histoire de princesse, de prince charmant, d’épée et de divers éléments issus du genre, le film comme le roman dont il est issu exploite une petite astuce scénaristique. Ils commencent tous deux au présent, dans notre réalité : un enfant malade reste à la maison et son grand-père venu le surveiller lui raconte une histoire. Il a amené un livre et c’est ce récit qui sera celui du film : dans la majorité des contes, il y a un narrateur et c’est aussi le cas ici, mais il ne reste pas inconnu. En plus de l’entendre, on le voit au début, puis à plusieurs moments pendant qu’il raconte l’histoire. En effet, cette mise à distance n’est pas qu’un prétexte initial et Rob Reiner fait intervenir ces deux personnages extérieurs au récit plus d’une fois. En général, c’est l’enfant qui pose une question, proteste parce qu’il y a trop de romantisme, ou parce qu’un personnage meurt un peu trop tôt. Il joue le rôle du jeune spectateur qui, immanquablement, se posera les mêmes questions et il justifie aussi le second degré qui traverse Princess Bride. De fait, le film tend régulièrement à la parodie, avec un sens de l’humour très britannique qui n’est pas sans rappeler celui des Monty Pythons. Il y a ainsi un peu d’absurde, mais surtout une prise de distance par rapport au récit. Quand il se passe quelque chose de trop anormal ou étonnant, la réalité revient au premier plan, cassant ainsi l’illusion du conte. Ce qui permet aussi, au passage, d’éviter un côté trop premier degré qui aurait été sans doute assez lourd dans ce film qui manque clairement de budget pour s’assurer une réalisation spectaculaire.

AVIS DES SPECTATEURS  :                                                                                              Rob Reiner n’est pas dupe et ne tombe pas tête baissée dans la mièvrerie des histoires pour les “petits n’enfants”. Ses monstres se limitent à des gros rats ou des anguilles hurleuses, des braves bêtes somme toute, et il ne se laisse pas emporter par des effets spéciaux tapageurs à la manière d’un George Lucas. Il filme avec amour et générosité, et respecte les règles du genre. Le prince à l’air faux-cul est bien un félon, le roi des pirates un vrai gentleman, le géant n’est pas en carton-pâte: c’est André Ferré, dit «le Géant», 2,10 mètres,
catcheur français qui fait ses débuts à l’écran. A côté de ces personnages classiques, qu’on croirait sortis d’un film de Richard Thorpe, Reiner en invente d’autres plus picaresques. Un décalage subtil qui lui permet de prendre du recul sans verser dans la grosse rigolade.
Marie Colmant
Libération – 14 mars 1988

Rob Reiner est un joyeux drille dont le père n’est autre que Carl Reiner, le réali-sateur des Cadavres ne portent pas de costards. Rob Reiner a grandi à l’ombre des comiques Mel Brooks, Sid Caesar, du Saturday Night Live et de l’écrivain Neil Simon. Princess Bride allie son goût pour la farce à une admiration profonde pour les grands
films de cape et d’épée qui ont fait la gloire d’Errol Flynn et de Douglas Fairbanks. Son héros, interprété par Cary
Elwes, en a d’ailleurs le physique élégant et ironique, passant du charme irrésistible des grands séducteurs à
l’agilité des gymnastes, le tout agrémenté d’un solide sens de l’humour.
Sensible, subtil, amusant, surprenant, esthétique et farceur, ce film est aussi sophistiqué qu’insolent, mouvementé comme le meilleur des films d’action, soigné comme une véritable œuvre d’art, savoureux comme la plus exquise des pâtisseries ! L’aventure débridée et hilarante est aussi l’occasion de répéter et d’espérer que l’amour est plus fort que la mort, un des rêves que poursuit avec le plus de constance le cinéma fantastique américain.
Hélène Merrick
La saison cinématographique n°198

POUR ALLER PLUS LOIN :

Princess bride document pédagogique ac clermont

Princess bride document pédagogique ac nice

Fiche des Enfants de cinéma 

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